Faut-il avoir peur des hypoglycémies ?
L’hypoglycémie sévère reste un événement fréquent et redouté chez les patients diabétiques et est devenue le facteur limitant de la mise en place d’une stratégie d’insulinothérapie intensive et d’un équilibre glycémique optimal.
Même si elles sont fréquentes, il faut dire que, dans leur grande majorité, les malaises hypoglycémiques sont bénins : après l’ingestion de sucre, les symptômes disparaissent rapidement et la personne peut reprendre une activité normale. De plus, contrairement aux hyperglycémies, il n’a pas été formellement démontré que ces hypoglycémies répétées avaient des conséquences néfastes à long terme.
Pourquoi les hypoglycémies entraînent-elles un malaise ?
Lorsque la glycémie s'abaisse de façon trop importante (<60 mg/dl), cela entraîne deux choses :
- La production d'hormones (adrénaline, glucagon, cortisone) qui obligent le foie à produire du sucre et qui s'opposent aux effets de l'insuline. Le rôle de ces hormones est donc de faire remonter la glycémie, mais lorsqu'elles circulent dans le sang, elles entraînent des effets secondaires : palpitations, sueurs, pâleur, tremblements, sensation de faim, crampes abdominales…Ces signes parfois très désagréables sont donc des manifestations d'accompagnement qui sont utiles pour aider à reconnaître l'hypoglycémie.
- Le mauvais fonctionnement du cerveau qui peut entraîner un ou plusieurs signes neurologiques : troubles de la vue, tête lourde, mal de tête, jambes «en coton», vertiges, fatigue soudaine, bâillements, somnolence, imprécision des gestes, sentiment de fonctionner au ralenti, trou de mémoire, comportement bizarre, nervosité, agressivité (raremenent), perte de connaissance (exceptionnellement).
En résumé
La glycémie s'abaisse en dessous de la normale :
- l'organisme réagit pour faire produire du sucre par le foie et rendre l'insuline moins efficace
- le cerveau fonctionne mal
- le diabétique est averti par des signes qu'il connaît bien et avale immédiatement du sucre l'hypoglycémie est corrigée en 10 à 15 minutes.

Même si elle est désagréable, l'hypoglycémie habituelle n'est pas grave !
Elle est la rançon d'un bon contrôle du diabète. Autrement dit, si le diabète est bien contrôlé, il est habituel d'avoir de temps en temps des petits malaises hypoglycémiques.
Il est donc important d'apprendre à vivre avec quelques hypoglycémies et d'essayer de les prévenir, plutôt que de soigner mal son diabète pour n'avoir jamais d'hypoglycémie, avec pour conséquence à long terme des complications du diabète et des hypoglycémies graves sans signes avertisseurs.
Attention aux hypoglycémies sévères !
Par contre, les hypoglycémies sévères peuvent être graves si elles conduisent à une perte de connaissance prolongée ou si elles surviennent en situation potentiellement dangereuse (au volant d’une voiture, en haut d'une échelle, pendant un travail avec une scie circulaire ...), ou si l'organisme est fragile, par exemple chez les personnes âgées ou cardiaques.
Des études ont montré que les capacités cognitives et de réaction au volant sont déjà ralenties lorsque la glycémie baisse en-dessous de 68 mg/dl !
La consommation de boissons alcoolisées en dehors des repas favorise également les hypoglycémies et les rend plus sévères, car l'alcool empêche le foie de fabriquer du sucre en réponse à l'hypoglycémie.
Certains diabétiques souffrent parfois, sans les ressentir, d’hypoglycémies nocturnes. Ces chutes inaperçues du taux de glucose sanguin ont alors pour effet de diminuer leur sensibilité à d’éventuels signaux d’alerte pendant la journée. Ces personnes seront alors victimes de malaises plus fréquents et plus importants, faute d’avoir su réagir à temps.
Facteurs de risque qui augmentent la tendance aux hypoglycémies (mal ressenties):
- des hypoglycémies fréquentes : le plus grand risque d’une nouvelle hypoglycémie est l’accident hypoglycémique précédent !
- un équilibre glycémique trop ambitieux : plus on vise des normoglycémies, plus le risque d’hypoglycémies est élevé
- la consommation régulière d’alcool
- l’âge élevé et la démence
- la neuropathie diabétique, surtout si elle est accompagnée de troubles de la digestion (parésie intestinale)
- perturbation du phénomène de l’aube : normalement les besoins en insuline sont augmentés à l’aube, ce qui explique les glycémies à jeun parfois élevées (phénomène de l’aube).
- Chez des personnes souffrant de neuropathie autonome ou qui ont un rythme nycthéméral perturbé (p.ex. travail de nuit ou travail posté), les besoins en insuline diminuent et le risque d’hypoglycémie au petit matin augmente
Sources : Diabsurf et extraits de l’article « Hypoglykämien und Folgen »
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