Le patient diabétique à l’hôpital.
Il est probable, qu’au courant de leur vie, la plupart des êtres humains sont amenés, un jour ou l’autre, à entrer à l’hôpital pour subir une intervention chirurgicale. Les personnes diabétiques ne font pas exception à la règle, ils peuvent bien être admis en clinique pour une raison autre que leur diabète.
Nous allons ici analyser les préoccupations des différents acteurs en présence à l’hôpital :
• Résumer les soucis et attentes de la personne diabétique
• Jeter un aperçu sur les vues du personnel soignant qui encadre le patient diabétique
• Demander l’avis en la matière du diabétologue
Position du patient diabétique
J’entre à l’hôpital la semaine prochaine pour cette opération qui n’a rien à voir avec mon diabète. Mais c’est au sujet du diabète que je me pose le plus de questions. Comme je suis habituée à me soigner assez indépendamment par un traitement insulinique intensifié, consistant à adapter mes doses d’insuline aux résultats de mon autocontrôle, je m’inquiète de ce qui va se passer après l’intervention chirurgicale.
Je voudrai bien pouvoir m’occuper moi-même de mes analyses et de mes injections. De cette façon, je serai sûre que je ne devrai pas porter les conséquences d’oublis. Si je peux être responsable de mon traitement, c’est moi-même qui y penserai. Bien sûr en cas de complications, je voudrai pouvoir recourir aux conseils d’un médecin compétent.
J’ai parlé de cela à l’anesthésiste au cours de la consultation de pré-hospitalisation. Il paraît qu’avoir une glycémie un peu plus élevée lors de l’intervention est sans danger. L’essentiel est d’éviter les hypoglycémies en salle d’opération. Pour cela, je devrai réduire à moitié mes doses d’insuline basale la veille de l’opération ainsi qu’au matin. Il va sans dire que l’insuline du petit déjeuner ne sera pas faite, elle non plus, à cause du jeûne.
Après l’intervention, qui dérèglera forcément l’équilibre glycémique à cause du stress qu’elle apporte, des corrections douces d’insuline, basées sur des glycémies contrôlées fréquemment ramèneront mon équilibre dans un délai raisonnable. De toute façon, quand je rentrerai à la maison, cet équilibre devra de nouveau être ajusté avec la reprise de mon activité normale
Dans ma valise, j’emporte tous mes accessoires de diabétique, mes pens avec aiguilles, mon glucomètre avec bandelettes et auto-piqueur, mes insulines, mon glucagen.,mon carnet de surveillance Pour pallier à l’éventualité que l’économe de la clinique soit roi de l’alimentation, j’emporterai même une réserve d’aliments pour mes collations et mon resucrage en cas de besoin. En effet, j’aime mieux une pomme en dessert qu’un pudding .dont j’ignore la composition.
A la fin de cette note, laissez-moi exprimer un souhait : Remplaçons la peur des blouses blanches par un respect mutuel entre patients, personnel soignant et médecins traitants
L’infirmière face au patient diabétique
Pour décrire la position de l’infirmière face au patient diabétique, je me référerai à mon vécu et à mon expérience d’infirmière lors de mon occupation successive comme infirmière à l’hôpital, infirmière aux soins à domicile, et infirmière spécialisée en diabétologie travaillant à la Maison du Diabète.
En tant qu’infirmière à l’hôpital, quand j’étais en présence d’un patient diabétique, j’avais la tendance à me croire face à un malade que je déchargeais de toute responsabilité en lui offrant un maximum de prise en charge. Parfois, sur ordre du médecin, il nous était permis de « laisser faire » certains patients qui arrivaient très bien à gérer leur maladie.
Quand je travaillais aux soins à domicile, j’étais surprise par le fait que les gens atteints de diabète n’étaient pas des « malades »,mais des personnes bien portantes, qui géraient en plus de leur quotidien usuel, le fait d’être diabétiques. Certains comprenaient plus de leur maladie que l’infirmière qui n’avait pas encore fait face au diabète de manière intensive.
La spécialisation en diabétologie m’a motivée à faire parvenir aux personnes atteintes par le diabète les informations utiles et le savoir spécifique pour prendre les décisions optimales au quotidien, pour gérer le diabète de façon autonome, pour jouir d’une bonne qualité de vie sans se sentir malade, mais seulement atteint d’une maladie chronique.
A la Maison du Diabète , où je travaille maintenant, je ne vois pas de malades, mais des personnes atteintes de diabète et essayant de l’intégrer au quotidien.
La gestion du diabète constitue un trésor d’expériences dont l’infirmière pourra tirer profit en encadrant le patient hospitalisé. Pourquoi ne pas lui demander : « que feriez –vous à la maison ? » s’il fait face à une hypo ou hyperglycémie.
Parfois, il est difficile pour le personnel soignant d’évaluer correctement, si le patient est autonome et sait se débrouiller tout seul, ou s’il préfère laisser faire l’infirmière. Ainsi, le personnel soignant sera-t-il reconnaissant au médecin de l’informer du degré d’autonomie du patient. La collaboration efficace entre patient et infirmière est d’une part un modèle attrayant, mais un autre moyen est aussi de laisser gérer de façon complètement autonome, avec recours seulement en cas de besoin.
Je pense que le patient diabétique a l’expérience de la gestion de la maladie au quotidien, mais la situation spéciale en cas d’hospitalisation requière cependant aussi un encadrement spécial. Forcer ceux qui ne le désirent pas à l’autonomie, entrainerait stress et déséquilibre.
En résumé, je dirai que les soins et l’encadrement en cas d’hospitalisation devront être adaptés cas par cas au patient diabétique.
Le point de vue spontané et personnel du diabétologue
Le médecin non diabétologue se trouve souvent face à un dilemme : il est très compétent pour la prise en charge spécifique du problème non lié au diabète (prothèse de hanche par exemple) mais relativement incompétent face au diabète et au patient « éclairé » !
Il ne peut malheureusement souvent pas juger si le patient saura gérer son diabète en toute circonstance lors de son hospitalisation !
Il devrait dans la mesure du possible demander l’avis de son confrère diabétologue et ceci à fortiori si le patient ne semble pas « éclairé » sur son diabète !
Mais là se trouve souvent le problème :
1. le médecin non diabétologue n’est pas au courant du diabète (les interrogatoires sont selon le degré d’urgence, par exemple en chirurgie, surtout orientés vers le problème aigu et non pas sur les « conditions » existantes). Parfois, les patients non « éclairés » ne jugent pas utile ou oublient d’informer le médecin, car « ce n’est pas lui qui s’occupe du diabète »,…
Le patient DOIT lui-même (c’est quand même lui le premier concerné) attirer l’attention du médecin et du personnel soignant sur le fait qu’il est diabétique !
2. le médecin non diabétologue est au courant, mais n’a pas de spécialiste sous la main pour s’occuper en parallèle du patient (ce qui arrive plus souvent qu’on ne le pense vu le manque de spécialistes dans ce domaine)
Le patient devrait clarifier avec son médecin traitant habituel comment il doit se traiter lui- même en clinique !
Un patient « bien éclairé », sauf pour le moment de l’anesthésie ou en cas de coma, sera presque à tous les coups mieux formé au diabète et surtout connaîtra mieux ses propres réactions aux traitements/stress/nourriture/ rythme de repas différents qu’un personnel d’une équipe non formée en diabétologie. (qui connaît d’autres domaines mieux que les infirmières en diabétologie, je ne veux pas les dénigrer !)
Pour l’équipe soignante et le médecin à l’hôpital, il est bien sûr difficile (et aussi éventuellement une question légale) de laisser le patient gérer sa maladie en autonomie, car ils en portent la responsabilité !
Personnellement j’ai déjà fait des « certificats » (dénués de tout caractère légal) attestant qu’un patient est capable de gérer son diabète seul pendant une hospitalisation et qu’en dehors d’une situation d’urgence, l’équipe non diabétologique ne devait prendre en charge le patient pour son sucre. Mais je connais aussi des confrères qui refusent cela !
Conclusion : diabétiques du monde : prenez votre destin en mains ! ?
Soyez proactif ! Prévenez TOUJOURS de votre maladie et apprenez à la gérer vous-même, le cas échéant!
Danièle Rasqué
Sylvie Post
Docteur Marc Keipes
Ausnahmefall Operation
Was tun, wenn ein Aufenthalt im Krankenhaus notwendig wird? Wichtige und praktische Informationen zu diesem Thema finden Sie ebenfalls unter www.diabetes-world.net. -> Lebenssituationen
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