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Un traitement par vitamines B peut être nuisible en cas de néphropathie diabétique !

Le diabète est une cause de maladies chroniques du rein, notamment l’insuffisance rénale. Aux Etats-Unis la charge annuelle sociétale de la néphropathie diabétique excède 10 milliards de dollars. Le nombre croissant de diabétiques et la prolongation de leur survie par les nouvelles thérapies fera augmenter la prévalence (= le nombre de personnes atteintes) encore plus dans les prochaines années.

Donc de nouvelles stratégies sont nécessaires pour prévenir ou retarder au maximum cette complication qui touche approximativement 40% des diabétiques. Plusieurs études observationnelles avaient mis en évidence une élévation de l’homocystéinémie (la concentration sanguine d’homocystéine, un déchet d’un acide aminé, la cystéine, composant des protéines que nous mangeons) chez les patients à haut risque de développer une maladie chronique du rein et de complications cardiovasculaires. Un traitement par vitamines B6, B12 et acide folique avait montré une réduction de cette substance dans le sang dans des études préalables.
L’objectif de l’étude DEVINe (Diabetic Intervention with Vitamins to Improve Nephropathy) était de vérifier si le traitement par Vitamines B (acide folique : 2.5 mg, vitamin B6 : 25 mg et vitamin B12 : 1 mg) vs. placebo) ralentissait la progression de la néphropathie et prévenait les complications vasculaires.

En tout, 238 patients (âge moyen 60 ans principalement des hommes (89%)) ont participé, avec un diabète de type 1 (18%) ou 2 (82%) et un diagnostic de néphropathie. Ils furent suivis pendant 32 mois.

La prise quotidienne du complexe vitaminique réduisait effectivement de façon significative le niveau d’homocystéinémie par rapport au placebo (-2.2 mcmol/L versus +2.6 mcmol/L, p < 0.001). Par contre, la filtration glomérulaire (un témoin de la progression de la maladie rénale) se dégradait plus chez les patients traités avec les vitamines, comparé aux patients n’obtenant que des comprimés vides de substances actives (16.5 mL/minute/1.73 m2 versus 10.7 mL/minute/1.73 m2, p = 0.02) ce qui était tout le contraire du but recherché.

En plus, le nombre de complications cardiovasculaires (un index composé des événements suivants : infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, nécessité d’un geste de revascularisation artérielle et de la mortalité toutes causes confondues) était supérieur dans le groupe de patients traités par vitamine B contre les patients sous placebo (23.5% versus 14.4%, p = 0.04).

Les auteurs concluent qu’il n’est pas seulement inutile mais même dangereux de traiter des diabétiques avec néphropathie avec des complexes vitaminiques de type B. Ceci est vrai également en cas de prescription de telles vitamines pour une indication de neuropathie, souvent concomitante.

Un avantage ou inconvénient de la prescription chez des personnes non diabétiques ou non néphropathiques n’est pas clarifié. L’hyperhomocystéinémie n’est peut être qu’un marqueur de cette maladie et non pas un agent causal chez ces patients « vasculaires ». Toujours est-il que la réduction de ce taux s’est soldé par une augmentation des complications néphrologiques et vasculaires. D’ailleurs une autre étude avait récemment retrouvé un plus grand risque de cancer et de mortalité (toutes causes confondues) dans le group des patients traités par complexes de vitamines B à doses pharmacologiques.

Référence : JAMA 2010 Apr 28;303(16):1603
Par Dr Marc Keipes, endocrinologue et directeur du ZithaGesondheetsZentrum.
 

 

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