Maladie d'Alzheimer, démence et diabète
Introduction

Pour certains, le diabète peut être considéré comme une espèce de vieillissement accéléré, car elle accroît le risque de souffrir de maladies dégénératives, comme par exemple les maladies des reins, de la rétine, l'hypertension, les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et l’athérosclérose en général.
Nous savons que le diabète est associé à un risque légèrement augmenté de démence, mais les mécanismes ne sont pas bien connus. La démence touche environ 15 % des personnes au-dessus de 65 ans et près de 50 % de ceux au-dessus de 85. Comme le nombre de patients diabétiques augmente constamment, cela pourra poser des problèmes de santé publique à plus ou moins court terme ! Nous vous proposons quelques éléments et connexions entre ces maladies et les quelques options de prévention.
La démence n'est en fait pas une maladie mais un syndrome, c'est-à-dire un amas de différents symptômes qui occasionnent des troubles de la mémoire et des problèmes cognitifs. Ils sont souvent associés à des problèmes d'orientation et d'attention, des troubles de langage ou d'apraxies (problèmes pratiques à résoudre des problèmes quotidiens).
L'évolution est si lente et progressive que les patients et leur entourage ne s’en rendent pas toujours compte. Les deux formes les plus fréquentes sont la maladie d'Alzheimer et la démence vasculaire.

La maladie d'Alzheimer
Près de la moitié des démences sont dues à cette maladie neurodégénérative. Le risque de développer un Alzheimer double tous les cinq ans après l'âge de 65 ans. Elle est caractérisée par des dépôts de certaines protéines (plaques amyloïdes) dans le cerveau. L'origine de cette maladie est inconnue. Pour l'instant un seul gène (ApoE) a été associé à un risque plus important de développer cette maladie.
La démence vasculaire
Cette forme de démence est caractérisée par un grand nombre de lésions vasculaires. La démence est due à de très nombreux petits accidents vasculaires, comme une série de petites mini-attaques qui interrompent le flux sanguin vers les cellules du cerveau. Cela peut être dû au fait que l'artériosclérose empêche le sang d'arriver jusqu'aux cellules pour lui apporter son oxygène nécessaire au fonctionnement. Cela peut être dû aussi à des tout petits saignements à l'intérieur du cerveau. Ce qui est important dans cette forme de démence, c'est qu’on peut traiter plusieurs de ces facteurs de risque, notamment l’hypertension, l'excès de cholestérol et le diabète.
Les connexions entre démence et diabète
Logiquement, une athérosclérose accélérée, comme on la rencontre dans le syndrome métabolique, devrait être plus liée statistiquement avec une démence vasculaire, mais des chercheurs ont également trouvé une association avec la maladie d’Alzheimer. Ceci pourrait être dû au fait que cliniquement (sans biopsie), il est difficile de distinguer les 2 formes de démences.
Récemment, certaines études ont mis en cause l'obésité comme facteur de risque de la démence. L'obésité favorise également le diabète, et bien que les mécanismes moléculaires de ces anomalies métaboliques ne soient pas complètement éclaircis, une amélioration de l'équilibre diabétique est censée prévenir ces complications.
Selon une étude récente du British Medical Journal, l'obésité est fortement associée à un risque de démence 30 années plus tard. Les personnes avec des BMI >30 kg/m2 ont 75 % plus de risques de développer des démences, comparé à des personnes avec un BMI normal.
De plus, c'est surtout l'obésité abdominale qui est associée à ce risque de démence. Même pour les personnes à poids normal mais à obésité abdominale, le risque de démence augmente. La graisse viscérale, celle qui entoure les organes internes, semble métaboliquement plus active que celle qui se trouve sous la peau.
Stratégies de traitement
Bien équilibrer son diabète reste un des principes de prévention des complications !
Mais, il ne faut pas seulement s'occuper du diabète, mais également des autres facteurs de risque comme l'hypertension, la cholestérolémie, le manque d'activité physique, etc.

Il n'a jamais été plus important de se concentrer sur un poids de santé, des habitudes de vie active, et cela particulièrement pour des patients atteints de diabète.
Certaines études semblent vouloir dire que le régime méditerranéen serait également protecteur.
N’oublions cependant pas que l’apparition de ces complications est également due au fait que nous traitons de mieux en mieux les patients, qui ont donc des durées de leur maladie diabétique de plus en plus longues et atteignent un âge élevé souvent accompagné de problèmes cognitifs. Il y a plusieurs décennies, le diabète terrassait souvent le patient avant qu’il puisse atteindre l’âge des troubles de la mémoire.
Mais si les tendances à l’obésité et l’incidence du diabète continuent à augmenter au même rythme que ces dernières années, nous risquons d’avoir ces problèmes neurodégénératifs à traiter en sus !
Dr Marc Keipes
Directeur du « ZithaGesondheetsZentrum »
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