Les troubles sexuels, complication du diabète

Les troubles de l’érection font partie des complications possibles du diabète… pourtant on consulte rarement un médecin pour ce motif ; souvent les problèmes sexuels sont considérés comme trop intimes pour pouvoir être abordés de façon directe.

La physiologie du mécanisme sexuel

Lorsque « tout va bien », une stimulation du cerveau provoque un influx nerveux qui va déclencher l’érection.
L’érection correspond à une arrivée massive de sang au niveau des corps caverneux du pénis

Ce mécanisme, simple à première vue dépend de nombreux facteurs :

  •  La circulation sanguine
  • Le système nerveux
  • L’oxygénation des tissus
  • Le taux d’hormones mâles

Dans le cadre du diabète, ces facteurs peuvent être altérés :

  • par le déséquilibre glycémique :
    • atteinte neurologique
    • atteinte vasculaire
    • atteinte tissulaire
  • par le retentissement psychologique de la pathologie chronique
  • par les complications liées au traitement hypoglycémiant

Le diabète mal équilibré est responsable de complications :

  •  vasculaires: Les diabétiques sont fréquemment atteints d’athérosclérose : des dépôts de graisse obstruent les artères ; les corps caverneux sont alors moins bien irrigués par le sang. ->L’érection devient insuffisante.
  • neurologiques: Le diabète peut altérer le système nerveux : parfois ce sont les nerfs du pénis à la moelle épinière qui sont atteints (neuropathies) : cela peut se traduire de deux façons :
    -> L’érection ne se fait plus.
    -> Il y a exceptionnellement des troubles de l’éjaculation avec risque d’infertilité : c’est le cas lorsque le sperme part dans la vessie au moment de l’orgasme, au lieu d’être expulsé vers l’extérieur. Cette anomalie est appelée « éjaculation rétrograde ».
  • tissulaires: Le diabète détériore les tissus en réduisant l’oxygénation ; les tissus des muscles deviennent plus fibreux et moins extensibles.
    -> L’érection est moins rigide.

L’instabilité glycémique :

  • L’hypoglycémie provoque des troubles du comportement et une fatigue subite.
  • L’hyperglycémie fatigue l’individu ; prolongée, elle favorise l’élévation des graisses dans le sang (triglycérides), responsable elle-même de troubles de l’érection.
    Enfin, le passage fréquent entre l’hypoglycémie et l’hyperglycémie entraîne des difficultés sexuelles temporaires.

Diabète et sexualité féminine

Les problèmes sexuels des femmes diabétiques sont très peu évoqués. D’une part, le diabète provoque chez elles moins de complications d’ordre sexuel, d’autre part, les femmes consultent régulièrement un gynécologue et peuvent ainsi aborder plus tôt les problèmes lorsqu’ils se posent.

Les difficultés sexuelles les plus fréquentes chez les femmes diabétiques sont :

  •  Diminution du plaisir : le désir sexuel est intact, mais la sensibilité lors de l’orgasme diminue. L’origine de ce problème est difficile à établir avec précision. Une neuropathie peut être impliquée dans la diminution de la sensibilité.
  • Douleur lors des rapports : la douleur provient d’un défaut de lubrification du vagin dont l’origine est un trouble de vascularisation ou parfois une anomalie touchant les fibres musculaires.

Les femmes diabétiques sont aussi plus vulnérables aux infections génitales, qui peuvent à elles seules être responsables de la douleur lors des rapports sexuels.

Quels sont les traitements disponibles ?

L’instabilité du diabète et l’hyperglycémie prolongée sont responsables des complications sexuelles.

L’équilibre du diabète est donc le premier traitement des problèmes sexuels.

De nombreux traitements spécifiques des troubles de l’érection, agissant localement ou par voie orale, existent actuellement.

Conclusion

Les difficultés sexuelles sont aujourd’hui une des principales causes de détérioration de la qualité de vie des diabétiques.

Même lorsqu’il existe une origine physiologique à ces difficultés, il ne faut pas sous-estimer les perturbations psychologiques qui aggravent ces difficultés et qui sont normales face à ces troubles.
Si les difficultés sont essentiellement d’ordre psychologique, il est important de rechercher dans la période qui précède ces difficultés, les éventuelles causes de stress.

Aujourd’hui, le fait de pouvoir aborder ouvertement ces problèmes évite d’en arriver à des comportements résignés ou des conflits dans la relation conjugale qui ne feraient qu’embrouiller davantage la situation.

Les traitements dont on dispose actuellement permettent de traiter la plupart des cas à condition que le patient, très tôt, ose en parler.


Source : « Association pour le développement de l’information et la recherche sur la sexualité (ADIRS) ».
 

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