Diabète et cœur :
Le Diabète de type 2 est une maladie générale
Les complications de cette maladie chronique touchent tous les organes: le système cardio-vasculaire, les reins, les yeux, la peau, les dents... On définit cependant, des organes cibles, qui sont plus particulièrement exposés, et dont l'atteinte est très grave, voire mortelle. Ce n’est qu’exceptionnellement que l’hyperglycémie tue à elle seule, mais c’est presque toujours une complication cardiovasculaire.
Il faut se mettre à l’esprit que le Diabète de type 2 est une maladie cardio-vasculaire ! Un patient diabétique est autant à risque de faire un infarctus du myocarde, qu’un patient qui en a déjà subit un, a de risque d’en avoir un deuxième.
L’hyperglycémie est un poison vasculaire, menaçant tous les vaisseaux : ceux de gros calibre - macro-angiopathie - comme ceux de petit calibre - micro-angiopathie.
Citons, comme atteintes principales, les artérioles rétiniennes de l’oeil (risque de cécité), le système artériel cérébral (risque d’AVC et d’hémiplégie), les artères coronaires (risque d’infarctus du myocarde), les nombreux petits vaisseaux des reins (risque d’insuffisance rénale et dialyse), les grosses et petites artères des jambes et des pieds (risque d’artérite des membres inférieurs, gangrène des orteils).
Rappelons que ces risques sont majorés, si le diabétique présente également les deux autres facteurs favorisant les affections cardio-vasculaires : tabagisme et hyperlipidémie (trop de graisses et cholestérol dans le sang).
L’apparition de ces troubles vasculaires dépend de l'équilibre du diabète et de la durée d'évolution de la maladie.
Dans cet article, nous allons nous concentrer sur la macro-angiopathie diabétique (atteinte des vaisseaux de gros et moyen calibre)
Les manifestations cliniques sont identiques à celles de l'athérome (artériosclérose), mais souvent plus sévères et précoces :
- Artériopathie oblitérante des membres inférieurs, « Schaufensterkrankheit » : il s’agit d’une obstruction des artères des membres inférieurs qui se manifeste par de violentes douleurs du mollet survenant lors de la marche, disparaissant lorsque le patient s'arrête et réapparaissant lorsqu'il reprend la marche après la même distance parcourue.
- Plus grave encore, est l'occlusion des artères distales du pied, marquée par des douleurs très intenses des orteils et un pied blanc et froid. Il faut hospitaliser en urgence en raison du risque de gangrène nécessitant une amputation.
- Accidents vasculaires cérébraux (AVC), (thrombose (caillot sanguin) d'une artère cérébrale), avec troubles neurologiques : hémiplégie, hémiparésie... Là encore une hospitalisation la plus urgente est nécessaire si on veut gagner un peu sur la paralysie qui s’installe.
- Insuffisance coronarienne, diminution de l'arrivée du sang dans le myocarde (muscle du cœur), se manifeste par une douleur (angor ou angine de poitrine) qui se situe au niveau du thorax et apparaît généralement après un effort. Ces douleurs se présentent sous la forme d’un serrement ou une impression de poids qui irradie dans la mâchoire, le cou, l’épaule ou le bras (plus particulièrement le gauche). Cette douleur est calmée à l'arrêt de l'effort.
- Infarctus du myocarde (thrombose d’une artère coronaire): la douleur est de même type, survient souvent au repos, persiste plus longtemps et s'accompagne d'un malaise et d'une sensation d'angoisse. Le risque de complications justifie l'hospitalisation en urgence.
Chez la personne diabétique, il s'agit souvent d'infarctus silencieux (sans symptômes) : le patient ne se plaint d'aucune douleur, car l’atteinte du système nerveux due à la neuropathie diabétique se traduit par une moindre sensibilité à la douleur. D’où la nécessité d’un contrôle régulier pour ce groupe à risque.
Que faire en pratique pour prévenir les maladies cardiovasculaires?
Que faut-il exiger de votre médecin pour connaître tous les risques ?
- La mesure du tour de taille est un outil facile pour mettre en évidence le risque cardio-vasculaire lié à la surcharge pondérale, souvent associée au diabète..
- Valeurs : Si > 102 cm chez l’homme et > 88 cm chez la femme => Risque augmenté
- Valeurs sans aucun risque : < 94 cm pour l’homme et < à 80 cm pour la femme.
- La mesure de la pression artérielle, (répétée au moins 2 fois, chez un patient assis depuis au moins 5 minutes, au bras nu, avec un stéthoscope), est une étape essentielle de l’évaluation du risque cardio-vasculaire global.
- Valeurs : les personnes diabétiques devraient être à des valeurs inférieures à 130/80 mm Hg pour se retrouver du côté de la sécurité, surtout s’il existe d’autres facteurs de risque cardio-vasculaires (FDR) :
- Age : homme > 50 ans, femme > 60 ans .
- Antécédents familiaux d’accident cardiaque avant 55 ans chez le père et avant 65 ans chez la mère, ou d’accident vasculaire cérébral (AVC) avant 45 ans.
- Tabagisme actuel ou stoppé depuis moins de 3 ans.
- Diabète de type 2 (cf. plus bas).
- HDL-cholestérol < 40 mg/dl (1 mmol/l).
- LDL-cholestérol > 160 mg/dl (4,1 mmol/l).
- Valeurs : les personnes diabétiques devraient être à des valeurs inférieures à 130/80 mm Hg pour se retrouver du côté de la sécurité, surtout s’il existe d’autres facteurs de risque cardio-vasculaires (FDR) :
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La mesure des lipides sanguins : surtout s’il existe d’autres facteurs de risque (voir FDR), il est recommandé, en plus d’un dosage du cholestérol total, de doser celui du HDL-cholestérol et des triglycérides (TG), avec calcul du LDL-cholestérol.
- Valeurs recommandées pour tout le monde:
- HDL-cholestérol > 40 mg/dl (1mmol/l) et/ou
- LDL-cholestérol <160 mg/dl (4,1 mmol/l) et/ou TG < 2 g/l (2,3 mmol/l).
- En présence d’une maladie coronaire ou de plus de 3 autres FDR cardiovasculaires, le LDL-cholestérol ne devrait pas dépasser 100 mg/dl (2,6 mmol/l).
- En présence d’une ou plusieurs de ces anomalies, le traitement de première intention reste toujours la diététique, c'est-à-dire une alimentation saine, variée et pas trop abondante combinée à une augmentation de l’activité physique. Aucun médicament n'est capable de faire aussi bien!
- Valeurs recommandées pour tout le monde:
L'interdiction de fumer fait baisser le nombre d'infarctus
Un an après l'interdiction générale de fumer dans les lieux publics en Angleterre, le nombre d'infarctus a baissé de 10%, rapporte The Sunday Times, qui cite la première enquête de santé publique liée à cette interdiction. En Ecosse, où l'interdiction existe depuis plus longtemps, le nombre d'infarctus a baissé de 14%.
Ces résultats devraient inciter les autorités à encore généraliser l'interdiction. Ainsi, le gouvernement étudie une piste visant à interdire dans les voitures où se trouvent des enfants.
La fumée de cigarette peut causer un infarctus même chez les non-fumeurs.
Des résultats similaires devraient être remarqués en France, Italie et Irlande, où l'interdiction de fumée est aussi généralisée.
Risque cardiovasculaire
Dans le schéma ci-dessous, une personne avec le ou les facteurs de risque cités présente, par rapport à une personne qui n'a pas ce ou ces facteurs, un risque de faire un infarctus multiplié par le chiffre indiqué.
Exemple : si vous fumez et avez de l'hypertension et du diabète : vous avez 13 fois plus de risque de faire un infarctus qu'un non fumeur sans diabète ni hypertension.

Dr Marc Keipes, endocrinologue, directeur du ZithaGesondheetsZentrum,
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